Optimist Hill, Saskatchewan

Allez jouer dehors !

Station de ski: Optimist Hill
Lieu: Saskatoon, Saskatchewan
Dénivelé: 21 m (70 pi)
Enneigement: 90 cm (35 po)

Croyez-le ou non, Saskatoon a déjà compté deux centres de ski sur son territoire, sans inclure le mont Blackstrap, situé à proximité — ce modeste monticule des Prairies. Mais ce qui est encore plus remarquable, c’est qu’aujourd’hui la ville abrite un centre de ski dynamique qui a déjà largement dépassé les promesses contenues dans son nom évocateur : Optimist Hill.

Le ski à Saskatoon : les premières années

Malgré un relief aussi discret que celui des grandes plaines, le ski (sur neige !) connaît ici un engouement remarquable depuis 1929. C’est cette année‑là que le Saskatoon Ski Club (SSC) voit le jour afin de servir les skieurs de celle qu’on surnomme le « Paris des Prairies ». La même année, le SSC demande à l’Université de la Saskatchewan la permission d’ériger un tremplin de saut à ski à Devil’s Dip, sur les berges de la rivière Saskatchewan. L’autorisation est accordée, mais l’hiver suivant, après qu’un sauteur se soit malheureusement fracturé la jambe, les responsables ferment le site et l’université retire son appui. Loin de se décourager, le club construit un tremplin encore plus élevé, hors campus, à quelques centaines de mètres au nord du site original. Dave Wood y établit un record de colline grâce à un spectaculaire saut de 29,7 mètres (97 pieds) sur cette nouvelle installation de 18 mètres. Avec humour et un clin d’œil au passé, le Saskatoon Ski Club baptise ce nouveau site le « Varsity Site ».


Photos nº a-1169, lh-5310, lh-5545 et lh-5546. Crédit : Saskatoon Public Library.

Le nouveau Varsity Site du Saskatoon Ski Club a propulsé le ski en Saskatchewan vers de nouveaux sommets, attirant à la fois des compétiteurs intrépides et des admirateurs fidèles.

Skieurs nordiques et alpins apprennent à partager

Peu à peu, des pistes alpines sont aménagées à proximité du tremplin, et une piste de toboggan s’y ajoute. Les visiteurs peuvent se réchauffer dans le chalet construit près de la nouvelle tour de 25 mètres. Dès 1936, le Varsity Site attire jusqu’à 2 500 spectateurs les fins de semaine. L’ensemble des installations prend alors le nom de Ski Jump Coulee. Fait remarquable, le nouveau tremplin du SSC devient le plus haut jamais construit dans l’Ouest canadien, inscrivant à jamais Saskatoon dans l’histoire et le folklore du ski au pays.

Quand une colline prospère, une autre décline

En 1971, lorsque Saskatoon est officiellement désignée ville hôte des Jeux d’hiver du Canada, plusieurs Canadiens s’étonnent. N’avaient-ils pas vu la campagne monumentale We’re Building a Mountain ? Ou avaient‑ils simplement sous‑estimé l’ingéniosité et la détermination des Prairies ?
En 1970, le gouvernement fédéral fait appel à des équipes de chantier et les envoie à Dundurn, petite localité située à 51 kilomètres au sud de Saskatoon.

L’expérience acquise à Dundurn, lors de la création du mont Blackstrap, s’est révélée précieuse pour la réalisation d’Optimist Hill à Saskatoon.
Photo nº cp-5959-3. Crédit : Saskatoon Public Library.


Photos nº cp-6028-15, cp-6028-8, lh-7275-v-1, af017-0096 et cp-6028-1.
Crédit : Saskatoon Public Library.

Les déchets de l’un deviennent la… montagne de l’autre ?

Alors que les critiques dénoncent les dépenses gouvernementales, les équipes de chantier excavent méthodiquement un escarpement voisin pour utiliser la terre et transformer une pente modeste en une montagne beaucoup plus imposante : le mont Blackstrap. La légende veut encore aujourd’hui que le mont Blackstrap ait été construit à partir de déchets humains. Qu’importe. La fierté des Prairies l’emporte. Les Jeux sont un franc succès et le mont Blackstrap devient rapidement le lieu privilégié des amateurs de ski et d’activités hivernales à Saskatoon.

« Le mont Blackstrap possédait aussi un tremplin de saut, rendant la coulée riveraine redondante. Ski Jump Coulee a fermé en 1974 et a été démoli en 1978. En s’éloignant du sentier, on peut encore apercevoir les vestiges des fondations du tremplin et du téléski. »

— Todd Harms, directeur général et directeur des opérations, Optimist Hill

Le flambeau change encore de mains

Malgré des débuts prometteurs, une patrouille de ski efficace et une école reconnue, le mont Blackstrap connaît des difficultés sous divers propriétaires et ferme définitivement en 2007. En décembre 2012, cinq ans plus tard, lors d’une lumineuse journée d’hiver, Ken Cenaiko, membre du Club Optimiste de Saskatoon, aperçoit les ruines d’un ancien tremplin en longeant la rivière Saskatchewan. Intrigué, il demande pourquoi Saskatoon ne possède plus de colline de ski. Il évoque aussi le plaisir que sa famille a eu dans un parc de glissade au Manitoba. Plutôt que de hausser les épaules, le Club Optimiste décide d’agir. Un ambitieux plan de faisabilité de six ans est lancé, permettant de recueillir trois millions de dollars pour développer une nouvelle colline de ski viable — avec pistes de glissade — ici même, à Saskatoon.

Sans le membre de longue date du conseil d’administration Rob Letts (à gauche) et Joe Van’t Hof (à droite), Optimist Hill ne serait tout simplement pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Optimist Hill Campaign

Le projet Optimist Hill s’est parfaitement inscrit dans les efforts de la Ville de Saskatoon pour encourager la population — et particulièrement les enfants — à sortir jouer dehors en hiver.

Quelques mots sur le Club Optimiste

Fondé à Louisville, au Kentucky, en 1916, le Club Optimiste est, selon ses énoncés de mission et de vision, « reconnu mondialement comme l’organisation bénévole par excellence qui valorise les enfants et les aide à réaliser leur plein potentiel… en faisant ressortir le meilleur des jeunes, de nos communautés et de nous-mêmes ». Appelez cela le destin, la chance ou une heureuse coïncidence, mais le projet du club de construire une colline de ski en milieu urbain s’est inscrit parfaitement dans le nouveau Winter City Concept de Saskatoon. Cette initiative municipale, alors récemment lancée, encourageait les citoyens à être plus actifs, à sortir prendre l’air et à profiter de l’hiver plutôt que d’hiberner à l’intérieur toute la saison.

« C’est un véritable tournant pour les jeunes de Saskatoon. Il faut que les enfants quittent le divan, déposent les tablettes et aillent jouer dehors. »

– Joe Van’t Hof, membre du Club Optimiste

Plus qu’une colline : un projet municipal désigné

En 2018, la Ville désigne officiellement le projet comme « projet municipal désigné » et délivre des reçus fiscaux aux donateurs. Elle contribue également à hauteur de 685 000 $. Le comité crée Optimist Snow Park Development Corp. pour superviser l’ensemble des opérations. L’année suivante, les travaux transforment la modeste colline Diefenbaker en un centre récréatif hivernal moderne comprenant une colline desservie par remontée mécanique, des corridors de glissade et un charmant village d’accueil.

La preuve qu’un projet bien pensé peut se transformer en un lieu de beauté durable et de pur plaisir.

Construire une colline de ski à Saskatoon a exigé imagination, inspiration, bonne volonté… et énormément de terre. 147 000 mètres cubes, pour être exact.

Déplacer ciel et terre

Comme les bâtisseurs du mont Blackstrap l’avaient appris des décennies auparavant, créer une colline de ski viable au cœur des Prairies n’est pas une mince affaire. Les équipes ont dû déplacer pas moins de 147 000 mètres cubes de terre et ajouter un impressionnant dénivelé de 30 pieds au sommet autrefois modeste de 40 pieds de la colline Diefenbaker. Le milieu des affaires de Saskatoon a lui aussi apporté un appui considérable au projet. Plutôt que de simplement louer ses modules temporaires, l’entreprise 3 twenty Modular a conçu et construit un chalet permanent à échelle humaine. Elle a également contribué un montant supplémentaire de 100 000 $ et transformé deux de ses bureaux modulaires en pavillons chaleureux et accueillants où les visiteurs peuvent ranger leurs effets personnels en toute sécurité, se réchauffer, rencontrer leur instructeur de ski ou de planche à neige, ou encore louer une chambre à air, de l’équipement de ski ou de planche à neige.

« Voir les familles passer du temps ensemble, les sourires, la joie dans ce paysage hivernal que nous avons créé — rien ne peut remplacer cela. »

– Joe Van’t Hof

Optimist Hill : aujourd’hui…

L’an dernier, Optimist Hill a accueilli quelque 15 000 skieurs, planchistes et amateurs de glissade. Et ils n’étaient pas de simples visiteurs de passage. Lorsqu’ils viennent, ils restent. Ils jouent. Ils profitent pleinement de l’hiver. Selon Todd Harms : « C’est un endroit où les enfants arrivent à l’ouverture et repartent seulement lorsque leurs parents viennent les chercher à la fin de la journée. » Parmi ces jeunes passionnés figurait Maia Schwinghammer, une skieuse de bosses enthousiaste et talentueuse qui fait aujourd’hui partie de l’équipe nationale canadienne de ski acrobatique. Aujourd’hui, le Saskatoon Freestyle Club prévoit aménager une zone d’entraînement accessible toute l’année, où les futures étoiles pourront développer leur force impressionnante et perfectionner leurs habiletés spectaculaires.

L’avenir n’a jamais été aussi prometteur pour les jeunes skieurs et planchistes de Saskatoon — et, plus largement, de la Saskatchewan.

…et demain

Pour le groupe d’entraînement en ski acrobatique, la nouvelle installation offrira aux athlètes, aux entraîneurs et aux parents l’occasion d’élargir et de renforcer la communauté du ski acrobatique et de la planche à neige en Saskatchewan. Jusqu’à présent, les athlètes — en particulier ceux évoluant au sein de Team Saskatchewan au niveau élite — devaient quitter la province pour s’entraîner dans des installations de calibre supérieur. Cela signifiait s’absenter de l’école et voyager en Alberta ou en Colombie-Britannique pendant une ou deux semaines à la fois. La campagne GoFundMe du groupe vise à recueillir 500 000 $ afin de financer le projet. Comme elle fait appel à la générosité de la communauté ski de Saskatoon, tout porte à croire que l’optimisme est pleinement justifié.

« Notre mère nous rappelait toujours de redonner à notre communauté, car c’est elle qui nous a permis de devenir les hommes que nous sommes aujourd’hui. »

– Rob Letts, président du projet et membre du conseil d’administration

Blackstrap – Les stations disparues, épisode 11 (Blackstrap - The Lost Resorts, Episode 11)

Vidéo disponible en anglais seulement

Optimist Hill

Visionnez un montage des moments forts de la saison 2023-2024 à Optimist Hill.

Histoires authentiques du ski canadien, d'un océan à l'autre

  Auteur : Dave Fonda
Conception et intégration web : Dominique Paquette
  Photos et vidéos fournies par Optimist Ski Hill, Discover Saskatoon, Saskatoon Public Library et FIS Freestyle WCS St. Moritz/Engadin – Phil Gale, utilisées avec leur permission.

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