Horst Bulau

La légende du saut à ski espère que sa médaille de bronze saura inspirer toute une nation

Discipline(s): Saut à ski
Ville natale / résidence: Ottawa, Ontario (réside actuellement à Aurora, Ontario)
Période de carrière active: 1978–1992
Intronisation TRSC: 1994
Catégorie d'intronisation: Athlete

Sous les feux de la rampe aux côtés des Crazy Canucks

Au fil de ses 14 années de carrière, Horst Bulau a goûté à maintes reprises au plaisir de la victoire, remportant 13 Coupes du monde et rivalisant de justesse pour le titre tant convoité de champion du monde. Il a également partagé l’avant-scène des sports de neige avec les tout premiers Crazy Canucks; le nombre de ses victoires surpassant celui de tous ces légendaires descendeurs réunis.

Bien avant que ses exploits ne soient pleinement reconnus au Canada, Bulau a joui d’une grande notoriété en Europe. Au cours de son exceptionnelle carrière, s’échelonnant de 1978 à 1992, il a participé à 129 épreuves de la Coupe du monde, a remporté 13 titres, est monté sur le podium à 26 reprises et a passé le plus clair de son temps au deuxième ou troisième rang du classement mondial. Accompagné du Finlandais Matti Nykanen, Bulau a dominé la saison 1982-83 de la Coupe du monde. À eux deux, ils ont remporté 17 des 25 épreuves du circuit et se sont chaudement disputé le titre de champion de la Coupe du monde, finalement décroché par Nykanen avec 10 points d’avance sur Bulau.

Bulau se remémore sa longue liste d’accomplissements : « Mes quatre participations aux Jeux olympiques, c’est quelque chose de remarquable pour moi », dit-il. « Il y a aussi mes 13 victoires en Coupe du monde; ma première victoire à Garmisch, le 1er janvier 1981; et d’avoir terminé deux fois troisième et une fois deuxième au classement général de la Coupe du monde. »

Malgré son succès retentissant et ses nombreux supporteurs à l’étranger, Bulau est demeuré plutôt inconnu au Canada. Toutefois, personne au pays n’a été plus surpris et ne s’est plus réjoui de la médaille de bronze de l’équipe canadienne de saut à ski remportée à l’épreuve par équipe mixte à Pékin 2022 – la toute première médaille olympique de saut à ski pour le Canada.

L’équipe canadienne recevant une médaille de bronze dans l’épreuve de saut à ski par équipe mixte aux Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin. Photo : Marck-Blinch/COC

De retour sur le podium

« C’était très palpitant à regarder, c’était vraiment remarquable », a-t-il déclaré depuis son bureau chez McLaren Toronto. « Quelques éléments ont joué en leur faveur, comme le tirage au sort, mais c’est comme ça que les choses se passent parfois. Ils ont fait de leur mieux, ont atteint leurs cibles et ont fait ce qu’ils avaient à faire. »

L’équipe canadienne médaillée de bronze en 2022 – Mackenzie Boyd-Clowes, Alexandra Loutitt, Abigail Strate et Matthew Souk – s’entraîne en Slovénie en raison des installations de saut à ski insuffisantes au Canada. Mais le succès de l’équipe à Pékin constitue une vitrine essentielle et un coup de pouce indispensable pour l’avenir du sport au Canada, espère Bulau.

L’héritage du succès

Bulau a pris sa retraite et a brièvement été entraîneur après les Jeux de 1988 à Calgary. Il est retourné au saut à ski pour les Jeux d’Albertville en 1992, mais n’a pas disposé de suffisamment de temps pour pleinement maîtriser le nouveau style “V”, et il a définitivement pris sa retraite à l’âge de 30 ans à son retour de France. Ce sera la dernière fois que l’on verra un sauteur canadien sur la scène olympique jusqu’aux Jeux d’hiver de 2006, 14 ans plus tard.

Malgré le déclin du sport au Canada, Bulau, qui à lui seul a accru la notoriété du saut à ski au Canada, est plutôt optimiste : « À mon époque, c’était un sport plus en vue, il était davantage présent dans le paysage sportif canadien, mais il demeure néanmoins l’un des événements télévisés les plus populaires des Jeux olympiques au Canada. »

Installations de saut à ski de Calgary. Photo gracieuseté du Parc olympique du Canada.

« C’est un sport exceptionnel », a déclaré Bulau. « La sensation de voler est incroyable. C’est un sport très populaire en Europe, avec parfois 40 à 50 000 spectateurs; c’est génial d’en faire partie. »

Horst Bulau. Gracieuseté de McLaren Toronto.

Un avenir plus prometteur?

En 1996, Sport Canada a cessé de financer le saut à ski en raison du manque de succès sur le plan international. Peu de temps après, Big Thunder, un centre d’entraînement de haut niveau à Thunder Bay, a été fermé et abandonné. Les installations de saut de Calgary ont aussi fermé leurs portes et celles de Callaghan, construites pour les Jeux de Vancouver de 2010, sont rarement ouvertes pour l’entraînement.

Selon Bulau, les clubs et les associations de saut à ski du pays doivent maintenant se développer à partir du niveau d’entrée et faire un meilleur usage de la seule installation de saut à ski au Canada, à Callaghan Valley, près de Whistler.

Bulau se rappelle que, dans sa jeunesse, des clubs de saut à ski étaient implantés un peu partout à travers le pays et que les jeunes pouvaient participer à des compétitions et s’entraîner plus près de chez eux, ce qui réduisait les coûts et augmentait la visibilité et le potentiel de développement.

Des traces à suivre

Âgé de 18 ans, Bulau s’est présenté à ses premiers Jeux olympiques d’hiver, ceux de 1980 à Lake Placid, en tant que champion du monde junior en titre, et il en est reparti après y avoir obtenu des résultats modestes. Il a pris part aux trois Jeux d’hiver suivants, se classant à chaque fois parmi les 10 premiers. Le point culminant de sa carrière olympique a été sa septième place sur le grand tremplin de Calgary en 1988, soit le meilleur résultat obtenu par un sauteur à ski canadien aux Jeux olympiques jusqu’à la médaille de bronze de l’équipe mixte canadienne à Pékin.

Les succès des jeunes Canadiens, ainsi que le leadership de Boyd-Clowes, pourraient toutefois insuffler un vent de changement dans l’orientation de ce sport au Canada.

Horst Bulau lors d’une compétition de saut à ski en 1984. Crédit photo : Bureau d’information des athlètes.

« Je ne pensais pas qu’une médaille était possible. Cela revêt une grande signification pour moi. Je pratique ce sport depuis 23 ans et je n’ai pas encore vu le saut à ski recevoir un coup de pouce au Canada, alors j’espère que cela permettra de changer les choses », a déclaré Boyd-Clowes à CBC à Pékin.

Médaille historique pour le Canada en saut à ski

Pour en savoir plus sur Horst Bulau, consultez sa biographie sur le site du Temple de la renommée.

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