Valley Ski Club, Alberta

Certains sont prêts à tout pour skier. Prenons l’exemple du Valley Ski Club de Castor, en Alberta. Au départ, ses fondateurs skiaient dans les coulées autour de Castor Creek. Lorsqu’ils en avaient assez de remonter à pied les flancs de 6 mètres (20 pi.) des coulées, ils faisaient du skijoring ou se faisaient tirer derrière leur voiture. Étonnamment, les chutes de neige peuvent être aussi modestes que sa hauteur. Pourtant, le Valley Ski Club attire chaque année plus de 10 000 skieurs sur des pistes dont le dénivelé atteint à peine les 50 mètres (160 pi.). Comment y parviennent-ils? Bonne question.

Stations de ski communautaires : Récits du berceau du ski canadien est une série qui porte sur les stations de ski, souvent modestes et isolées, où la plupart des Canadiens ont appris à skier et partagent aujourd’hui leur passion pour ce sport avec leurs enfants et leurs petits-enfants.

Arrivée de la remontée mécanique à Castor

Les frères Herb, Lawrence et Dudley Zinger sont des skieurs passionnés qui s’attaquent à presque n’importe quoi. Cela signifiait généralement faire deux virages depuis la porte arrière de Herb pour descendre jusqu’à Castor Creek. En 1945, alors qu’ils explorent le mont Norquay, ils découvrent un remonte-pente à câble. Après avoir étudié attentivement sa construction, ils rentrent chez eux avec deux idées en tête : trouver une pente plus importante et construire un remonte-pente. Selon Penny Lindballe, bénévole du club, « ils ont trouvé cette autre coulée (un ruisseau qui se jette dans une autre crique) qui appartenait à M. Hatherly ». Avec l’autorisation de M. Hatherly, ils ont défriché le terrain, construit un chalet et érigé un remonte-pente à câble, alimenté par un moteur de camion Chevrolet de 1927. Ils baptisent leur piste de ski d’une dénivelée d’à peine 27 mètres (90 pi. « Hatherly Valley ». Le ski avec remontées mécaniques est maintenant offert à Castor.

Le ski en vallée démarre au Valley Ski Club

Deux ans plus tard, Herb et sa belle-sœur, Alpha Unger, fondent le Valley Ski Club avec comme rêve de rassembler les skieurs, de promouvoir le ski dans la région et d’organiser d’occasionnels séjours à Sunshine. La première année, ils vendent sept cartes de membre au prix de trois dollars chacune. L’idée était de présenter les cartes d’identité aux commerçants locaux dans l’espoir d’obtenir des rabais sur les matériaux de construction. L’année suivante, le nombre de membres fait plus que tripler et le Valley Ski Club attire de plus en plus de skieurs. En 1953, Herb ouvre une école de ski après avoir obtenu son certificat de niveau 2 de l’AMSC à Banff. On agrandit le chalet et on déplace le remonte-pente d’origine pour le remplacer par un T-bar. Le ski est en plein essor dans le centre de l’Alberta.

Déménagement vers des contrées plus enneigées

Des skieurs viennent de loin, souvent en famille. Selon Ross, « notre région compte de nombreuses petites villes, et il est presque plus facile de dire qu’on dessert des comtés plutôt que des villes ou des villages ». Parmi ces comtés, on compte Paintearth, Flagstaff, la zone spéciale 4, Wainwright et Stettler. Au début des années 1960, il devient évident que le club de ski n’a plus sa place à Hatherly Valley. Le temps est venu de trouver une montagne encore plus importante, de préférence à proximité d’une autoroute et d’une grande ville. En 1962, le club s’installe à son emplacement actuel, dans la Battle River Valley, à cinq kilomètres d’Alliance. Nombre d’habitants : 291. Ils étaient loin de se douter à quel point la proximité de la Battle River s’avèrerait inestimable.

Triomphe, suivi d’un désastre

Au cours de la décennie suivante, le club construit un nouveau pavillon et installe un T-bar à la fine pointe de la technologie. La patrouille de ski entre en fonction en 1972. À ce moment-là, il devient évident que le club a besoin d’un enneigement plus fréquent et plus durable. En 1976, le Valley Ski Club installe ses premières conduites d’eau et investit dans du matériel de fabrication de neige, ce qui rend nécessaire le recours à un damage plus professionnel. En 1985, le club amasse suffisamment d’argent pour acheter une machine de damage digne de ce nom. Tout va pour le mieux jusqu’en 1989, lorsqu’un incendie majeur détruit le chalet et, par la même occasion, le rêve du club d’acheter un télésiège. Une fois de plus, tout le monde se retrousse les manches, met la main à la pâte et construit un nouveau chalet, plus grand et encore mieux que le précédent.

« Notre montagne, notre club existe depuis suffisamment longtemps pour que les grands-parents reviennent avec leurs enfants, leurs petits-enfants et leurs arrière-petits-enfants. Tout le monde se retrouve là, au grand air, et profite de la journée pour s’amuser en pratiquant un sport ensemble en plein cœur de l’hiver. »

Ross Vincett, membre du conseil d’administration du Valley Ski Club

Désastre, suivi d’un triomphe

La malchance frappe à nouveau en 1997, lorsqu’une partie de la piste de ski est emportée par le dégel printanier. « Heureusement », explique Ross, « le secteur pétrolier se portait bien à l’époque et il y avait beaucoup d’entreprises de construction dans les environs. » Une équipe débarque avec sa machinerie lourde et aide le club à restaurer sa piste de ski, avant qu’elle ne soit à nouveau emportée par la crue au printemps suivant. Le scénario se répète régulièrement jusqu’à ce que, récemment, « des conseils de comté assez compréhensifs se sont ralliés à notre cause. Ils nous ont dit : ‘Faisons preuve de professionnalisme…’. On a obtenu des subventions, on a élaboré un plan et on a fait appel à une entreprise de construction pour réparer les dégâts. » La pente stabilisée a permis aux skieurs de revenir. Et ils sont revenus en masse. Au printemps dernier, ils se sont tous mobilisés et ont récolté plus de 150 000 $ pour acheter une nouvelle dameuse (d’occasion).

Plus haut, plus loin

Le Valley Ski Club s’est montré tout aussi habile à aider les skieurs à se perfectionner. Hannah Chilson a eu un accident de voiture à l’âge de quatre ans. Selon Ross, « l’un de nos moniteurs a demandé à quelques personnes d’aider Hannah à faire du ski assis ». Le club lui a procuré un équipement de ski assis et l’a inscrite au programme de Nancy Greene. « On l’a toujours incluse dans le programme parce que c’était la meilleure façon pour elle de faire du kilométrage en fauteuil. Et elle a rapidement progressé. » Hannah s’est tellement améliorée qu’après s’être entraînée avec Rocky Mountain Adaptive à Sunshine, elle a remporté l’argent et l’or aux Jeux d’hiver du Canada de 2019. Elle est maintenant bien placée pour devenir une athlète paralympique canadienne. Et le Valley Ski Club utilise toujours son ancien équipement pour initier d’autres enfants handicapés au ski assis. « Et ils s’amusent franchement! »

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