Rabbit Hill, Alberta

Encore et toujours tout aussi près

Station de ski: Rabbit Hill
Lieu: Edmonton, Alberta
Dénivelé: 91,4 m (300 pi)
Enneigement: 1,23 m (48,6 pi)

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de skieurs inspirés, on imagine souvent une jeune sensation décochant des figures aériennes impossibles sur la scène mondiale ou un freerider de Big Mountain transformant une ligne quasi suicidaire en balade amusante. En 1955, un skieur d’Edmonton nommé Bob Sutherland était si inspiré qu’il a transformé une jolie bande riveraine en ce qui deviendra Rabbit Hill.

Ce n’est pas seulement une berge, chérie.
C’est une pente de ski !

Un jour, alors qu’il pagayait sur la rivière Saskatchewan Nord, Bob et sa femme — de jeunes mariés — ont repéré l’endroit idéal pour ce qui est aujourd’hui la plus grande station de ski et de snowboard d’Edmonton. À l’époque, la ville comptait quatre ou cinq clubs de ski, chacun avec ses propres pentes. Quand il n’était pas à l’université ou occupé à tomber amoureux, Bob mangeait, vivait et respirait du ski. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il tenait consciencieusement un journal de ski sans jamais mentionner le conflit. Alors, quand Bob a vu cette berge, ce fut le coup de foudre.
Après avoir convaincu les propriétaires — les agriculteurs Don et Bernice Stelter — de lui louer une partie de leur terrain, Bob s’est mis au travail pour construire la station de ses rêves. Cet automne-là, il a acheté un vieux camion à lait, de la corde, et a « bricolé » son tout premier remonte-pente. En 1955, Saskatchewan Mountain a ouvert avec une seule piste, un seul téléski… et un Bob Sutherland absolument ravi. Le billet de jour coûtait environ cinquante cents et le remonte-pente fonctionnait jusqu’à ce que Bob crie : « Dernière descente ! »

Bob Sutherland et son épouse Daurel Mills en tenue d’époque.

Official opening Mont Edouard, L'Anse-St-Jean, Québec

On peut accomplir beaucoup quand on le veut vraiment

Au cours de la décennie suivante, Saskatchewan Mountain a ouvert et fermé de manière plutôt sporadique. Même si les hivers du nord de l’Alberta sont longs et d’un froid mordant, les chutes de neige peuvent être étonnamment faibles. Pour compliquer les choses, après ses études, Bob et sa famille ont déménagé à Calgary, où il a ouvert un cabinet d’optométrie et profitait des Rocheuses dès qu’il le pouvait.

Selon son fils Jim, « au début et au milieu des années 1960, mon père a monté une compagnie privée et a développé la station nouvellement rebaptisée Rabbit Hill ». Au lieu de défricher à la hache, il a fait venir une pelle mécanique. Il a ajouté deux nouveaux téléskis en T, et il a bricolé le tout premier chalet de base. Toujours à la recherche de moyens nouveaux et meilleurs, Bob a contribué à l’essor de l’enneigement artificiel dans l’Ouest canadien. Jim raconte : « Il achetait l’équipement chez les fabricants, mais il concevait essentiellement le système lui-même. »

« Pour nous, c’est incroyable de pouvoir pratiquer ce qu’on aime en famille, si près de la maison — et les enfants adorent ça aussi. »

— Melissa Chalmers, bénévole au Rabbit Hill Ski Club et à l’équipe de compétition

Une histoire de deux familles

Jim Sutherland se souvient : « Les lundis, papa allait à Edmonton pour rencontrer son équipe à Rabbit Hill. » Du côté de la famille Stelter, Stewart — membre de la quatrième génération — raconte : « À mesure que la station grandissait, on travaillait tous ici. Ma famille a effectivement aidé à gérer la station dans les années 1970. Ma sœur a même rencontré son mari, qui était dans la patrouille de ski. Ça faisait vraiment partie de notre vie familiale. »
La famille de Rabbit Hill s’est ensuite élargie pour inclure les écoliers locaux, les skieurs de soirée et les personnes handicapées qui participaient au nouveau programme CADS (Association canadienne de ski pour personnes handicapées). (Développé à l’origine dans les années 1960 par Jerry Johnston, directeur de l’école de ski de Sunshine Village, le programme a été rebaptisé Ski de glisse adapté Canada lors de sa fondation officielle en 1976.) Pour Bob Sutherland, le ski était véritablement un sport pour tous. Et ainsi, Rabbit Hill a continué de grandir et d’attirer toujours plus de skieurs.

Official opening Mont Edouard, L'Anse-St-Jean, Québec
Bill Oak (left) and Jim Sutherland (right)

Bill Oak (à gauche) et Jim Sutherland (à droite).

Penser évolution plutôt que révolution

En 1981, Jim Sutherland est arrivé à Rabbit Hill pour un emploi d’été. Il n’est jamais reparti. Il raconte : « Passer de Calgarien à Edmontonien m’a pris un certain temps. La Coupe Stanley a aidé. » Trois ans plus tard, Jim a embauché Bill Oak, qui était alors gestionnaire au Edmonton Ski Club. Un jour, lorsqu’il a confié à Jim qu’il aimerait étudier le droit et devenir avocat, Jim lui a répondu : « On ne peut pas laisser ça arriver. » Les deux ont donc fondé leur propre compagnie et ont racheté Rabbit Hill à son père.
« On ajoutait constamment des choses. On a construit un nouveau centre d’équipement. Un nouveau bâtiment de maintenance. On n’arrêtait pas d’améliorer la place. » Cela incluait transformer le vieux chalet — devenu franchement défraîchi — en quelque chose de beaucoup plus accueillant. Après des années à améliorer, moderniser et promouvoir sans relâche Rabbit Hill, Bill a vendu ses parts à Rich Parie.

« Beaucoup de gars du coin viennent simplement nous aider. Aider à construire. Aider à pelleter. Ils voient qu’on tient à cette place. Et plusieurs finissent par travailler ici, parce qu’ils connaissent l’équipe. »

— Scott Keller, gestionnaire du parc à neige depuis 20 ans

Ils sont venus. Ils ont vu. Ils sont restés.

Jim Sutherland n’est pas le seul à avoir commencé ici à temps partiel pour finalement y rester… toute une vie. Doug Balzer, qui se décrit comme « l’un des trois amigos qui ont contribué à établir Rabbit Hill », a brièvement travaillé comme opérateur de remontée. Des décennies plus tard, il supervise toujours les opérations de damage. La piste Balzer’s Way a été nommée en l’honneur de ses 40 ans de service. En 1982, un Britannique expatrié, Bryan Wallace, s’est inscrit pour un emploi hivernal à la boutique de location. Lorsque Jim et Bill lui ont proposé de devenir directeur adjoint, il a gentiment refusé : il préférait travailler dehors. Même s’il est maintenant à temps partiel, Bryan est à Rabbit Hill depuis plus de 43 ans, s’occupant de l’exploitation, des réparations et de la gestion des remontées mécaniques. La station a d’ailleurs donné son nom au télésiège.

Official opening Mont Edouard, L'Anse-St-Jean, Québec

Jim Sutherland, Bryan Wallace and Doug Balzer (left to right)

Bryan Wallace with his grandkids

Snowmaking at Rabbit Hill Snow Resort

Bob Sutherland

Bob Sutherland

Bob Sutherland

Bob Sutherland

Jim Sutherland

Jim Sutherland

Derek Look and family

Derek Look and family

Chuck Amerongen and his wife Lara

Chuck Amerongen and his wife Lara

Une relève bien assumée

Même si la longévité a été à la fois une mesure et un moteur du succès de Rabbit Hill, Jim Sutherland savait reconnaître le moment de passer le flambeau. Bien qu’il agisse toujours comme consultant, il a vendu la station à Derek Look et Chuck Amerongen en 2023.
Derek a grandi à skier et à faire de la course à la station voisine de Snow Valley, où ses parents et ses frères et sœurs ont également travaillé. Après avoir complété le programme Ski Resort Operations and Management du Selkirk College, à Nelson, C.-B., il a travaillé à Silver Star, où il a rencontré sa femme Anna. Ils sont arrivés ici en 2009, et Derek a été nommé directeur général en 2018. Chuck Amerongen, pour sa part, était le chef comptable de Rabbit Hill. Comme Bob et Jim Sutherland, les deux sont fermement engagés à « rendre le ski accessible au plus grand nombre possible ». Par exemple : les soirs de semaine, un billet de remontée coûte 20 $. Même chose pour une location d’équipement de ski ou de planche. Et une partie de chaque vente de billet est remise à un organisme caritatif local.

« Ce n’est pas parce qu’on est une petite station urbaine qu’on ne peut pas faire certaines des choses que nos grands voisins de l’Ouest font. »

— Derek Look, président et copropriétaire

À 70 ans, une nouvelle vision

Après 70 ans dans le milieu du ski, Rabbit Hill a à peu près tout vu et tout surmonté. Malgré la montée fulgurante des coûts d’assurance, la rareté de la main-d’œuvre et une météo de plus en plus imprévisible, les nouveaux propriétaires demeurent résolument optimistes. Déjà, ils cherchent à offrir à encore plus de gens davantage de façons de « sortir dehors l’hiver et jouer, au lieu d’hiberner pendant six mois ». Cet été, ils relocalisent et agrandissent la zone de glissade sur tubes, avec six couloirs, un bureau de billets, un comptoir-collations et une remontée dédiée. Depuis l’introduction du système automatisé de billetterie RFID, les visiteurs peuvent acheter ou renouveler leurs billets en ligne, éliminant ainsi les files d’attente et réduisant la fraude. Comme Rabbit Hill se trouve toujours sur un terrain loué, Derek explique : « On ne peut pas croître de façon exponentielle. On ne peut pas ouvrir de nouvelles pistes. On ne peut pas agrandir notre montagne. Alors maintenant, il faut voir comment on peut améliorer l’expérience des visiteurs. Je crois beaucoup que la technologie peut nous aider à y parvenir. » Bien sûr, être inspiré par de véritables visionnaires, ça aide !

Official opening Mont Edouard, L'Anse-St-Jean, Québec
Rabbit Hill Snow Resort, Edmonton, Alberta

Quelque chose de nouveau arrive à Rabbit Hill Snow Resort pour l’hiver 2026 !

Les travaux avancent — suivez-les sur les réseaux sociaux et leur site pour voir le projet prendre forme ! (vidéo disponible en anglais seulement)

True stories from the heartland of Canadian skiing

  Auteur : Dave Fonda
Conception et intégration web : Dominique Paquette
  Photos fournies par Rabbit Hill et utilisées avec leur permission.
  Merci à Anna Look et à ses inspirantes histoires Campfire Stories, source de plusieurs citations de ce récit.

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