Mount Cain, Colombie-Britannique

Propriété de la communauté, géré avec cœur et profondément enraciné

Station de ski: Mount Cain
Lieu: Port McNeill, Parc Provincial Schoen Lake, Colombie-Britannique
Dénivelé: 430 m (1 411 pi)
Enneigement: 15 m (38 pi)

Le nord de l’île de Vancouver évoque des images de forêts anciennes majestueuses, de fiers peuples des Premières Nations, de kayakistes admirant les épaulards et de travailleurs aguerris — bûcherons, mineurs et pêcheurs. Pourtant, c’est aussi un endroit où des personnes aux parcours très différents ont accompli quelque chose qui semble presque impensable aujourd’hui. Elles ont uni leurs forces pour bâtir une station de ski communautaire devenue une véritable sensation à l’échelle mondiale : le Mount Cain.

Des skieurs et des motoneigistes travaillant ensemble ?

Les hivers peuvent être longs sur le nord de l’île de Vancouver. Heureusement, les montagnes y sont splendides et la neige, tout comme le terrain, peut être absolument exceptionnelle. Quel meilleur endroit pour aménager une colline de ski que diverses communautés voisines pourraient posséder, exploiter et utiliser ensemble ? Pour le découvrir, un groupe de skieurs et de motoneigistes (principalement des bûcherons) a commencé à explorer les terres de la Couronne près de Port McNeill à la recherche d’un site approprié. En 1971, ils ont trouvé la perle rare. L’année suivante, ils ont fondé le Mount Cain Ski Club (MCSC) et dévoilé leur plan ambitieux : installer un câble de remontée d’environ 3 000 pieds dans le versant ouest du Mount Cain.

Le dénivelé impressionnant du Mount Cain et l’abondance de sa neige en ont fait le choix tout désigné lorsque les passionnés du nord de l’île de Vancouver ont commencé à chercher l’emplacement idéal pour une station de ski.

« Mount Cain est pour les gens, par les gens, et la communauté qui le fait fonctionner le fait par amour de la montagne et du ski sur ce terrain. »

– Lucas Smith, directeur des communications

Skiers have been enjoying Mount Cain’s world-class goodies since 1972.

Les skieurs profitent des trésors de calibre mondial du Mount Cain depuis 1972.

Un changement de nom, mais pas de cœur

En 1972, le Mount Cain Ski Club est devenu la Mount Cain Alpine Park Society (MCAPS) et a été officiellement incorporée comme organisme à but non lucratif sous l’égide du Regional District of Mount Waddington (RDMW). À ce moment-là, les skieurs passionnés profitaient déjà des abondantes chutes de neige du Mount Cain et de ses pentes accueillantes. Comme l’explique Lucas Smith, actuel directeur des communications : « L’ouverture de Mount Cain s’est faite progressivement. La station a évolué constamment au fil des années. »

Un pas à la fois

Au départ, les skieurs devaient monter à pied ou en motoneige jusqu’au versant ouest avant de s’élancer dans une descente poudreuse. En 1974, un résident local, Bill Coyne, a fait don de son téléski portatif artisanal, qui hissait les skieurs enthousiastes au sommet des deux pistes du bas du versant ouest. Selon Lucas : « On mentionne l’existence d’une dameuse en 1975. » Apparemment, elle aurait été volée… puis retrouvée deux ou trois ans plus tard, lorsque Canfor (Canadian Forest Products) a construit une route d’accès menant à ce qui est aujourd’hui la base presque mythique du Mount Cain.

La première remontée pratique du Mount Cain proposait une interprétation renouvelée des téléskis parfois imprévisibles d’antan.

Mike Green, Director of Operations, Roads and Generators taking a break and enjoying a little quality time, Mount Cain style.

Mike Green, directeur des opérations – routes et génératrices, s’offre un moment de répit et savoure le style de vie propre au Mount Cain.

Le travail commence sérieusement

En 1978, le RDMW (propriétaire officiel du domaine skiable) obtient enfin un permis pour développer Mount Cain à des fins de ski. L’enthousiasme est immense. Bûcherons, enseignants, forestiers et membres de diverses professions travaillent ensemble pour donner vie à leur station communautaire. Si les bûcherons ont effectué la majeure partie des travaux lourds — abattage des arbres et ouverture des pistes — presque tout le monde a mis la main à la pâte. Mike Green, directeur des opérations – routes et génératrices, explique : « Beaucoup de gens ont contribué aux démarches administratives et aux réunions pour soutenir ceux qui faisaient le travail manuel. » Au final, Mount Cain a été entièrement construit par des travailleurs locaux, cols bleus et cols blancs confondus — sans l’ombre d’un col roulé prétentieux à l’horizon.

« De nombreux enfants ont grandi sur la montagne, appris à skier et décroché leur premier emploi à Mount Cain. »

– Mike Green, directeur des opérations – routes et génératrices

Miser sur la jeunesse

L’année suivante, un enseignant de North Island Secondary School, Thor Nash, a mobilisé ses élèves en ébénisterie. À partir des énormes billots préalablement coupés par Canfor, ils ont contribué à achever le chalet emblématique de la base. Depuis, la Mount Cain Alpine Park Society collabore étroitement avec les adolescents de la région. Selon Lucas : « MCAPS est le plus important employeur saisonnier de jeunes du nord de l’île de Vancouver chaque hiver, et c’est là que beaucoup occupent leur premier emploi. »

Comme peuvent en témoigner de nombreux diplômés de la North Shore Secondary School, le Mount Cain est bien plus qu’une excellente station de ski. C’est aussi l’endroit où ils ont décroché leur premier emploi !

Un véritable effort communautaire

Cet esprit du « tous pour un et un pour tous » imprègne l’ADN de Mount Cain. La constitution de MCAPS stipule notamment : offrir des possibilités d’emploi et des loisirs abordables et durables aux résidents du Nord; maintenir Mount Cain comme une communauté de ski viable; préserver son créneau distinctif; poursuivre une expansion modeste et maintenir les équipements en bon état et remplacer le matériel vieillissant au besoin. Aujourd’hui encore, cette philosophie guide la collaboration entre bénévoles dévoués et personnel rémunéré.

Ensemble, on travaille, on skie et on s’amuse

Depuis le début, les membres de MCAPS élisent le conseil d’administration. Ce conseil entièrement bénévole recrute à son tour les volontaires et embauche les employés qui assurent le fonctionnement quotidien de la station. Ensemble, ils s’occupent du déneigement du stationnement et de la route d’accès de 16 kilomètres, de la vente des billets, de l’exploitation des remontées mécaniques, du damage des pistes, de la patrouille et même des opérations estivales. Les entreprises locales du nord de l’île ne sont pas en reste. En plus d’offrir temps et expertise, elles fournissent régulièrement matériaux, outils et machinerie lourde lorsque nécessaire.

Lucas Smith, directeur des communications, affiche un large sourire après s’être porté volontaire pour ouvrir la montagne et tracer les premières lignes.

« Mount Cain ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans le soutien et les dons de temps, d’équipement et de ressources des entreprises forestières locales. Les liens sont profonds, c’est le moins qu’on puisse dire. »

– Lucas Smith

Une approche lente et mesurée

Il a fallu près de deux décennies pour dégager la base, ouvrir la majorité des pistes et installer des remontées adaptées aux abondantes chutes de neige. En 1988, la station disposait d’un solide réseau de pistes, d’un chalet accueillant, d’un téléski et de deux T-bars desservant respectivement les parties inférieure et supérieure de la montagne. Encore plus impressionnant : à 1 190 mètres, Mount Cain affichait la troisième plus haute altitude de base parmi les 239 stations alpines canadiennes. (Seules Whistler et Kicking Horse possèdent un sommet skiable plus élevé.)
Ajoutez à cela les abondantes chutes de neige côtières du nord — variant généralement entre « tout simplement incroyables » et carrément « épiques » — sans oublier le parc de roulottes : le village de base unique, charmant et résolument authentique de Mount Cain.

Un village étonnant à la hauteur de chutes de neige spectaculaires

Au départ, les bénévoles ont aménagé un petit parc de roulottes improvisé pour les rassemblements et le camping hivernal. Puis, en 2002, 52 cabanes de bois rustiques ont été construites et vendues ou louées pour la saison. Les visiteurs chanceux pouvaient aussi séjourner dans le chalet du Sointula Lion’s Club, pouvant accueillir dix personnes. La Première Nation Namgis a également érigé son propre chalet communautaire sur le site. Malgré ses statistiques impressionnantes, l’isolement relatif et les ressources limitées de Mount Cain ont longtemps contribué à le garder méconnu à l’extérieur du nord de l’île. Tout a changé en 2019, lorsque Matchstick Productions a lancé un court documentaire intitulé Frozen In Time, qualifiant Mount Cain de : « la meilleure station de ski dont vous n’avez jamais entendu parler. »

Le Mount Cain ne se vantera jamais des boutiques les plus luxueuses ni des bars et restaurants les plus branchés. Mais avec des panoramas, un terrain et une neige comme ceux-ci, franchement, qui en aurait besoin ?

« Avec la construction d’un chalet communautaire ʼNa̱mg̱is adjacent au lodge et la collaboration avec la société pour offrir des hébergements à leurs membres et au public, cela crée des occasions enthousiasmantes pour MCAPS, qui opère sur leur territoire. »

– Mike Green

Toujours prêt à se réinventer

Le film mettait en vedette la montagne, le vieux parc de roulottes, trois skieurs professionnels et des cabanes « rustiques » conçues pour la caméra. Mais les véritables vedettes étaient la neige exceptionnelle, le terrain imposant, l’équipement d’une autre époque et le charme résolument rudimentaire de Mount Cain. Le tout était ponctué par des jeunes locaux intrépides dévalant les pentes — et des adultes solidement ancrés dans leur communauté. C’est ainsi que le secret le mieux gardé du ski a commencé à apparaître sur la liste de souhaits de presque tous les amateurs sérieux de ski hors-piste. Aujourd’hui, Mount Cain accueille environ 9 400 skieurs par année, même s’il n’est ouvert que trois jours par semaine, sauf les jours fériés et certains événements spéciaux. (Le lundi, seule la moitié de la montagne est accessible.) Même si les amateurs de hors-piste prêts à parcourir six heures depuis Victoria sont toujours les bienvenus, Mount Cain demeure une petite station communautaire soudée. Ou, comme l’affirme sans détour un autocollant local : « Cain, c’est nul. Dites-le à vos amis. »

La meilleure station de ski dont vous n’avez jamais entendu parler - The Best Ski Area You Have Never Heard Of - Frozen in Time (disponible en anglais seulement)

Trois des meilleurs skieurs au monde — Eric Hjorleifson, Mark Abma et Chris Rubens — se rendent dans la meilleure station de ski dont vous n’avez jamais entendu parler. Le mont Cain, sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, est bien plus qu’un diamant brut. Cain, c’est une famille, un mode de vie et un rêve.

C’est juste nous : à la rencontre des légendes locales du ski au Mount Cain, sur l’île de Vancouver - It's Just Us: Meeting the Local Skiing Legends of Mount Cain on Vancouver Island (disponible en anglais seulement)

The Ski Journal est fier de présenter « It’s Just Us », une vidéo exclusive qui met en lumière le Mount Cain Alpine Park, sur l’île de Vancouver, présentée par 10 Barrel Brewing.

Histoires authentiques du ski canadien, d'un océan à l'autre

  Auteur : Dave Fonda
Conception et intégration web : Dominique Paquette
  Photos et vidéos fournies par Mount Cain, utilisées avec leur permission.

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