Le ski est sans contredit l’un des sports d’hiver familiaux les plus emblématiques du Canada. Visitez presque n’importe quelle station pendant la saison hivernale et vous y verrez des enfants de tous âges — des tout‑petits aux adolescents — partager les remontées et les pistes avec leurs parents et leurs grands-parents. Parfois, c’est pour une ou deux descentes. Parfois, pour toute la journée. Mais ils sont tous là. À jouer dans la neige. À profiter de moments de qualité. Ensemble. Et puis, il y a la famille Daburger. Depuis 1973, elle skie, possède et exploite Harper Mountain. Ensemble.
Harper Mountain, Colombie-Britannique
Une station de ski familiale emblématique, depuis 1973
Construire une meilleure… station de ski
En 1953, Max Daburger quitte sa Bavière natale, en Allemagne, à la recherche de travail et d’une vie meilleure au Canada. Artisan chevronné, il fonde une entreprise de construction à Kamloops, en Colombie‑Britannique. En 1956, il est rejoint par sa future épouse et future comptable, Elizabeth.
Selon sa belle‑fille et actuelle directrice de Harper Mountain, Lisa Daburger : « Une quinzaine d’années plus tard, lorsque Max est allé chercher ses deux fils aînés qui revenaient du ski à Grandview, l’idée de bâtir une station de ski lui est venue à l’esprit. L’image du soleil, de la neige et d’une montagne remplie de skieurs ne l’a jamais quitté ».
Max entreprend alors d’explorer les environs à la recherche d’un site approprié. Parfois seul, à pied ou à skis. Parfois accompagné de ses fils. Finalement, il trouve l’endroit idéal. Les pentes nord du mont Harper sont protégées du soleil et du vent, ce qui permet à la neige de s’y conserver plus longtemps. La base, bien exposée, est suffisamment vaste pour accueillir un chalet, des bâtiments annexes et un stationnement. Il ne lui manque plus que de l’aide.
Max Daburger (deuxième à partir de la droite) ne se doutait guère que sa chère Harper Mountain serait exploitée par sa famille sur trois générations — et plus encore.
Peter Huser, d’origine suisse, partenaire et associé de Max Daburger.
Trouver un partenaire et convaincre la population
Max s’adresse à son bon ami et associé, Peter Huser. D’origine suisse, celui‑ci adore l’idée. Avec Paul Noelle, ils fondent Harper Mountain Lifts Limited – Max en est l’actionnaire majoritaire, l’investisseur principal et l’associé gestionnaire; Paul se retire après deux ans. À l’époque, toute personne possédant de l’expérience, une vision et un capital de départ pouvait demander un bail sur des terres de la Couronne pour lancer un projet — à condition d’accepter les risques. Après avoir convaincu les propriétaires autour du lac Paul qu’une station de ski à proximité serait une excellente idée, les travaux commencent : déboisement des pistes, installation d’une remontée et construction d’un chalet. En 1973, Harper Mountain ouvre ses portes avec une pente école, un téléski en T et un authentique chalet de ski bavarois. Le succès est immédiat. Rapidement, des skieurs vêtus de jeans et de vestes colorées affluent. Skieuse passionnée, Elizabeth travaille aussi à temps plein à la vente des billets lorsqu’elle ne s’occupe pas de la comptabilité, des enfants, de la maison, de randonnées… ou de tout le reste.
« Grâce aux gens de Kamloops qui nous ont fait confiance, nous avons gagné notre vie, payé nos factures et éventuellement remboursé le prêt. Si vous allez à Harper aujourd’hui, tout ce que vous y voyez a été payé avec de l’argent gagné à Kamloops — aucun investissement étranger, aucune subvention, aucun gain de loterie ni héritage. »
— Elizabeth Daburger, comptable, préposée aux billets et maman
Un ajout majeur et une perte immense
En 1977, Harper Mountain se dote d’un télésiège Doppelmayr ultramoderne pour l’époque. La communauté de skieurs est ravie. Malheureusement, Peter Huser décède avant l’ouverture de la saison suivante. En hommage à son ami et partenaire, Max baptise la nouvelle remontée le Huser Triple Chair. L’épouse de Peter, Leone — elle aussi actionnaire — demeure impliquée et gère avec brio la cafétéria pendant les 25 années suivantes.
Max Daburger a baptisé le nouveau télésiège triple de Harper Mountain en l’honneur de son ami Peter Huser.
La cheffe Maria « Mia » Daburger (à gauche) a tenu la cuisine de Harper Mountain pendant 30 ans, tandis que Leone Huser (à droite) a géré la cafétéria pendant 25 ans.
La longévité comme mesure du succès
La sœur de Max, Maria — une personnalité haute en couleur — est cuisinière à Harper pendant 30 années mémorables. Herman et Pat Schrottner dirigent l’école de ski et la location d’équipement pendant 30 ans également. « Bien qu’il y ait eu de nombreuses petites stations autour de Kamloops à l’époque, Harper Mountain, avec son bel éventail de pistes réparties sur plus de 400 acres skiables, est celle qui est restée ouverte », souligne Lisa. La montagne de rêve de Max devient un lieu de rassemblement chaleureux où tout le monde connaît le prénom de chacun et où les familles de Kamloops viennent partager l’hiver ensemble.
Deux planches, une planche : tout le monde est bienvenu !
Dans les années 1980, alors que le snowboard gagne en popularité, la plupart des stations et des skieurs se montrent peu accueillants envers ceux que l’on surnomme, parfois avec mépris, les « knuckle‑draggers ». À Harper, c’est différent. Max n’a jamais refusé l’accès à quiconque voulait simplement s’amuser dans la neige. Il ne répétait jamais : « C’est dangereux ! Ils ne voient pas où ils vont ! Ils n’ont pas de freins ! ». Il désamorçait plutôt la situation avec un simple et diplomate : « Tant qu’ils s’amusent ». Et ils s’amusaient. Beaucoup.
« Il y a eu des années difficiles, mais nous étions chanceux : nous étions en santé, capables de travailler, et nos quatre garçons ont tous travaillé à la montagne à un moment ou à un autre. »
— Elisabeth Daburger
Le fils de Max, Norm, assure la relève de la deuxième génération de la famille Daburger depuis 2003.
Un passage de flambeau
En 2003, Max Daburger s’éteint. Son fils Norm prend la relève, après que les quatre fils Daburger aient travaillé à la montagne à divers postes. Aujourd’hui, Norm dirige toujours Harper Mountain, épaulé par son épouse Lisa et deux de leurs quatre fils, Max et Ryan. La station connaît d’ailleurs une véritable renaissance. « Nous sommes avant tout une communauté familiale, avec de nombreuses façons de profiter de l’hiver », explique Lisa. « Glissade sur chambre à air ou tubing, une belle montée pour le ski de randonnée, ski de fond et parc à neige. Et avec l’Université Thompson Rivers à proximité, nous accueillons aussi beaucoup d’étudiants ».
Élargir l’offre
Norm et Lisa ont également ajouté la raquette à la liste des activités offertes. Les raquetteurs peuvent emprunter une remontée pour accéder aux sentiers depuis le sommet. Située à seulement vingt minutes de Kamloops, Harper Mountain voit aussi ses nouvelles glissades sur tubes attirent des groupes festifs venus griller guimauves et hot-dogs. « À mesure que Kamloops grandit, Harper Mountain grandit aussi », note Lisa. « La montagne de rêve de Max attire désormais des visiteurs de Vancouver et, à l’occasion, d’ailleurs dans le monde. Nous voyons aussi de nombreux nouveaux Canadiens, car nous sommes près de la ville et offrons des activités hivernales abordables ».
« Nous adorons voir les visiteurs s’amuser ! Nous sommes la même station locale, familiale et indépendante depuis 1973 ».
— Lisa Daburger, responsable des opérations intérieures, Harper Mountain
La deuxième et la troisième générations relèvent le défi
L’an dernier, après 50 années de service infatigable, Elizabeth Daburger confie la comptabilité à sa petite-fille par alliance, Trine. Elle avait 87 ans. « Deux de nos fils, Max et Ryan, jouent un rôle clé dans l’exploitation et souhaitent poursuivre l’aventure », précise Lisa. Le chalet bavarois de Max est aujourd’hui un lieu prisé pour les mariages. La station a aussi accueilli de nombreux événements de vélo et de course à pied.
« Nous regardons désormais du côté du vélo de montagne et du camping », ajoute-t-elle.
Bien sûr, exploiter une station de ski est aujourd’hui plus complexe que jamais. Lisa cite les changements climatiques, la hausse des coûts d’exploitation et la menace croissante des feux de forêt comme autant de défis à relever pour préserver l’héritage de gestion efficace de Harper Mountain. Sans se laisser décourager, les deuxième et troisième générations de la famille Daburger travaillent main dans la main pour faire de Harper Mountain une destination quatre saisons prospère.
« Pour assurer le succès continu de Harper, nous devons rester fidèles à notre engagement envers la communauté, l’accessibilité et le plaisir familial de qualité ».
— Norm Daburger, propriétaire et directeur général, Harper Mountain
Harper Mountain : le joyau caché de Kamloops (Ski Harper Mountain: Kamloops' Hidden Gem)
Crédit vidéo : Tourism Kamloops/Brody Jones Cinema (disponible en anglais seulement)

Auteur : Dave Fonda
Conception et intégration web : Dominique Paquette
Photos et vidéos fournies par Harper Mountain et utilisées avec leur permission.
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